The French Family
Le tracé
... Approximativement !
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1ier semaine
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Pluie, pluie et pluie !
1ier bivouac
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Bivouac en Bohême
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Toto et Astor
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21 Juillet
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Blueberry à Sušice
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Bibi
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Rencontre inoubliable...
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Avec Connie !
 
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Petit dejeuner Allemand normal... !
 
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Du maïs...
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... et toujours du maïs...
 
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Pégous découvre un confrère Fjord, et ça l'épate !
 
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Aimable petit "bordel" quotidien
 
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L'orage est là...
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Le Bodensee
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Vendredi 10 Août
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Le voyage reprend
Traversée de Ravensburg
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Cérémonie de préparation des pâtes au thon
 
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Le lac de Kirnbergsee
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Stafidă
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Arrivée le 22 Août
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A la Ferme Kleinerlen
 

De Prague à Strasbourg



6 semaines

900 km

9 équipiers

5 690 000 taons aplatis

De la pluie, du froid,

La canicule

Des milliers d’hectares de maïs à faire haïr le Géant Vert

Des plaines brûlantes

Des montagnes brumeuses

Des larmes de rire

Des « bouche bée » sur des paysages grandioses

Des efforts communs sur des chemins poussiéreux

Des hectolitres de transpirations

2,5 kg de cartes

2 frontières

50 kg de bretzel 

20kg d’avoine et autant d’orge

Des rencontres inoubliables

Et ce n’est pas tout !

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Samedi 14 Juillet 2012


Les jours précédents voire même les semaines, n’ont été ponctués que de pluie et d’orages tonitruants, ce matin par chance pas de pluie sous un ciel cependant lourd, pourtant pas un instant nous ne songeons à repousser ce départ tant attendu : nous sommes prêts ou du moins aussi prêts qu’il est possible de l’être ! Alors hop on selle et nous fermons la maison avec un bizarre sentiment d’irréalité, allons-nous vraiment partir si longtemps ?

Les chevaux, comme nous, ne réalisent ni le temps ni les kilomètres qui s’étendent devant nous et ce matin ils gambadent comme pour une prom’prom’ d’une heure… Les inconscients !

Nous ne "décollons" qu'à 10 heures passées, mais qu'importe, car pour les premiers jours nous avons prévu des étapes light d'à peine une quinzaine de kms. Ce soir nous dormirons à Svinare, mais en attendant Pachamama commence dès aujourd’hui ses enseignements : Patrice nourrit quelques craintes envers la pluie ? Qu’à cela ne tienne notre Terre-Mère va vite s’organiser afin de nous désensibiliser sur le sujet…

Avec douceur elle nous permet de pique-niquer paisiblement au bord de la Berounka avant de nous envoyer un coquet orage qui nous permet d’inaugurer ponchos et bâches. Avec le temps et les nombreuses occasions, nous acquerrons même une excellente dextérité. Dommage qu’il n’y ait pas d’épreuve d’enfilage de poncho aux JO nous serions médaille d’or par équipe !

Et puis c’est l’heure de monter notre premier bivouac, dans un terrain communal couvert d’une herbe fortement appétante pour les Gros, et qui commencera la longue liste des magnifiques endroits où nous dormirons.

Et c'est le premier dodo hors de chez nous... Le premier dîner que nous fait Toto, La première soirée bercée par les pas des chevaux et leur mastication active… Et notre première nuit dans notre maison de toile.

Les jours suivant seront ponctués par les soins attentivement éducatifs de Pachamama, qui patiemment, nous apprendra à ne plus redouter la moindre humidité. Bâches et ponchos, heureux, pourrons profiter longuement du paysage et nous, nous évoluerons sous des pluies continues ou des orages d’une rare violence, sans que cela nous fasse sourciller ! Qui l’eut crû !
Et lorsqu'il ne pleut pas, il fait frisquet (10°...) et de toute façon il s'apprête à pleuvoir

Finalement je suis bien contente d'avoir dû me renseigner sur les vêtements techniques afin d'animer un débat lors du Forum calc... Ca nous sert ô combien aujourd'hui ! Merci les tee shirt en mérinos qui sèchent en une heure, merci les soft shell légéres et chaudes... Et puis il repleut en une sorte de cycle immuable, mais au bout du compte comme nous ne sommes pas mouillés grâce à nos vêtements et nos ponchos (merci à l'armée allemande !) nous parvenons à vivre sereinement, et ma fois la "pleue" ne devient plus une angoisse, mais simplement un élément du voyage comme un autre.

Les chemins sont, pour la plupart assez bons, cependant certains n'ont guère supporté les déluges envoyés par Pachamama, et se transforment en bourbiers. Toutefois lorsqu'il y a une éclaircie, les paysages Tchèques sont somptueux

C'est d'ailleurs par l'une de ces journées « humides » que nous croisons la route de ce Tchèque qui nous prendra en photo et nous fera un p'tit article sympatoche dans son blog  : 
 http://burle.blog.cz/1207/z-cech-az-do-francie

Nous ressemblons un brin à des despérados mais c'est une fausse impression, le moral est excellent. Les chevaux sont en pleine forme et avancent gaiment, soutenus par les promesses de bivouacs paradisiaques.
Chaque soir, nous trouverons de superbes lieux de bivouacs, que ce soit au fond de forêts dans des clairières ou des prairies toutes proches de villages. Avec une spontanéité naturelle, les gens nous accueillent et nous trouvons aisément, soir après soir, de quoi satisfaire l’appétit pantagruélique de nos 5 ventres à pattes.

Avec tout autant de facilité nous trouvons du grain ce qui me permet de distribuer un repas « qui tient au corps » à tous les poilus et pas seulement à Gros Lulu, le seul qui en aurait réellement besoin. Les autres, ma foi, auraient survécu sans, au vu des pâtures rencontrées d’un bout à l’autre du voyage, mais bah 1 litre ou 2 d’avoine ou d’orge après une rude journée à crapahuter ça remonte grandement le moral, alors pourquoi s’en priver ?

Ce qui fait que partis bien grassouillets, les Gros reviendrons, bin… Gros après leur périple !
Avec aisance et sans heurt, une routine emplie de normalité se met en place et chacun a sa part de responsabilité. Bivouacs et pique-nique s'accumulent et nous apprenons à gérer et organiser notre petit "bordel".
Patrice a cartes et tracé, ainsi que la rubrique "réparation"
Vincent est responsable de la partie vidéo, Toto du réchaud à bois, Quant à moi, ben je gère toujours mon convoi d'octopattes.
C'est parti !
Notre compagne : la pluie...
 
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Journée de merde


Alors que nous parvenons tout juste à faire fi du mauvais temps, nous disant avec philosophie que bah la prochaine fois nous partirions en été… Pachamama nous prépare une nouvelle leçon.

Patrice est aux cartes et en tête de groupe et comme il semble trop avoir le nez sur son GPS et pas assez sur son environnement, nous allons recevoir une belle remontrance. Les chemins, comme souvent se sont volatilisés au profit de champs, et nous arpentons une prairie puis une haute jachère où Patrice affirme que oui oui, c’est bien LE chemin, sans rien voir et sans doute en raison des pluies de ces dernières semaines, nous nous précipitons tous à sa suite dans un immense marigot, invisible sous les herbes, ou du moins visible pour qui serait à l’écoute de la Terre-Mère je suppose… !

Les chevaux s’en sortent en quelques coups de reins et une énorme frayeur, Gros Lulu et ses 700 kg de bonne viande a le plus de mal à se tirer du piège et manque s’embourber pour de bon. Heureusement les Dieux quels qui soient sont avec nous et semblent vouloir seulement nous faire une frayeur apte à nous faire progresser, aussi c’est crottés et tremblants que nous sortons de là. Pégous perd ses godasses dans l’infâme bouillasse et nous mettrons ½ heure à les retrouver. Une horreur…

Nous rebroussons chemin en contournant la zone marécageuse en nous frayant un passage au travers d’un champ de maïs. Tant pis, d’ordinaire nous respectons scrupuleusement les cultures, mais là pas le choix.

L’étape ce jour-là, on peut l’imaginer, sera courte, 20 petits kms qui nous amènerons au village de Čepice. Nous trouvons une place superbe dans un petit camping en bord de rivière afin de passer un jour de repos bien mérité…

Les chevaux auront comme toujours, beaucoup d’herbe, et nous pourrons même déplacer leur clôture afin qu’ils puissent tondre efficacement le plus de superficie possible. Nous en profitons pour laver les affaires, le bât, les sacoches qui ont trempés dans la boue, nos vêtements et nous-même. Ohhh là là les bienfaits d’une douche chaude et de cheveux lavés de frais après les débarbouillages rapides à l’eau froide dans les seaux des chevaux.

Par chance notre aventure bourbeuse n’a aucune conséquence, personne n’est blessé, les chevaux ne présentent même pas la plus petite égratignure, hormis du poil frotté au niveau des colliers de chasse, sans doute lors de l’effort afin de s’extraire. Rien d’autre.

Le matos n’a rien non plus, hors un peu de crasse. C’est tout de même ce qu’on appelle avoir le « cul bordé de nouilles », cependant nous prenons cet avertissement très au sérieux et veillerons dès cet instant à revoir le groupe : à présent c’est Pégous et moi-même suivis de Bibi, qui seront en tête. Patrice pourra continuer son immersion dans ses cartes, mais tous les 3 nous serons vigilants et veillerons à écouter le moindre murmure de Pachamama.

Vue imprenable depuis "chez nous" sur la rivière et les canoës qui la parcourent.

Ouf, un heureux jour de repos qui nous permettra de repartir propres et en forme, le temps s'est-en même organisé afin qu'on puisse faire sécher notre linge puisque la pluie ne tombera que la nuit, juste pour nous bercer doucement de ses gouttelettes sur la toile de tente.


Au fil des jours...
Journée au camping
 
Aux portes de la Sumava


Nous nous levons à 5h30 afin d’emballer et plier toutes nos p’tites affaires et il y a fort à faire car en un seul jour nous nous sommes « installés ». Aujourd’hui le tracé sera simple et reposant (ouf !) puisque nous suivrons le vélo route qui nous amènera sans fatigue ni surprise à Kundratice

Le tracé, ce jour-là n'offrira pas trop de dénivelé, aussi nous enlevons les colliers de chasse. On peut voir la marque des poils râpé sur le poitrail du Gros. Ce ne sera cependant rien, et tout aura repoussé avant la fin du voyage.
Joli tracé qui nous fera passer par de gentils chemins... Pour une fois !

Le tracé est prévu pour les vélos mais rien ne dérange nos Gros : ni la traversée de la ville en mode "véhicule" ni celle de pont en planches non jointives. Comme c'est appréciable d'avoir des compagnons aussi allants et expérimentés. Le paysage change peu à peu et la promesse de montagnes se fait jour, un peu plus à chaque pas. A midi nous dévorons même nos premières borůvka (myrtilles)

Les premiers chalets apparaissent. Le soir nous montons la tente en bordure de village, les chevaux auront de l'herbe jusqu'au ventre, et nous nous aurons la plus mémorable soirée du voyage ! Invité au pub local nous nous verrons offrir, bière et montagne de champignons panés, des schnitzels énormes accompagnés de pommes de terres délicieuses, le tout dans une ambiance de rigolade et de conversation à bâton rompu ou du moins autant qu'on le peut



 
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La Šumava


En ce matin où se profile devant nous l’étape mythique de la traversée du parc national de la Šumava, le temps est couci-couça, plus couça d’ailleurs qu’autre chose. Cependant comme l’espoir fait vivre nous espérons que ces sombres nuages ne tarderont pas à se lever et les 12° augmenter vers des températures plus clémentes pour un 22 Juillet ! Hier soir au pub ne nous a-t-on pas dit : clear sky ?!

Et déception, ce chemin que nous pensions en terre, s'avère asphalté d'un bout à l'autre... Le temps et les températures ne s'améliorant pas, bien au contraire, nous débâtons et nous nous équipons comme pour une expédition en milieu extrême : tous nos tee shirt en mérinos superposés, polaire et soft shell.

Les paysages sont composés d'immenses forêts moussues et de montagnes ombrées de brume. Pas grand monde sur ces routes frisquettes, et à peine quelques touristes arpentent la petite ville de Prazily. Alors que nous voudrions enfin nous restaurer, la pluie, notre invariable compagne en décide autrement. Nous renonçons à toute halte et attaquons la rude montée dans les montagnes

Et puis ça y est c'est la frontière !

Nous voici en Allemagne, accueillis par des parterres de digitales, somptueux malgré la pluie.
Ce soir nous dormirons à Buchenau. Après une descente sans fin, nous parvenons au village, heureux et soulagés.

Premier bivouac des plus confortables à la hauteur de ceux de République Tchèque. Et premier repas de ce côté de la frontière : un repas de fête pas moins !

Après plus de 30 kms de montagne et sans halte de midi, les Gros s'endorment doucement à côté de nous...
 
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Le Niederbayern ou Basse Bavière

Et oui nous voici en Allemagne, j’aurais presque tendance à dire déjà, avec un étonnement incertain et effaré à l’idée que tous ensembles, armés de nos seuls pieds nous sommes parvenus jusqu’ici. En fait à cause du mauvais temps nous avons perdu un peu de temps et nous sommes en retard sur le tracé global, mais peu me chaut : nous arriverons quand nous arriverons, l’essentiel est que chaque membre de notre équipe soit au mieux de sa forme, pour le reste… Prout !
Le Bayern, et pour l’heure la Basse Bavière, nous ouvre les bras avec ses montagnes vallonnées, ses prairies verdoyantes et ses petits villages de chalets si propres qu’on frémit de lâcher « un popo » devant l’une de ces maisons, débordantes de fleurs…
Pour l’heure nous nous levons devant un spectacle oublié : soleil et beau temps inondent les montagnes ! La pluie sera-t-elle derrière nous… Ou pas ? Pourrons nous remiser poncho (so sexy !) et bâches ou fin fond des charvins et les laisser y moisir tout de bon ? Peut-être pas, en tout cas ce matin-là à Buchenau ces rayons de soleil, bien tièdes sont ô combien appréciables.
Nous décollons pour notre première étape en Allemagne, il nous faut oublier le Tchèque et vite vite retrouver the german language ! Bon soyons réalistes, pour moi... Ca ne change que dalle puisque je ne parle aucune de ces langues. Par contre pour zhomàmoua et les garçons, quel confort de pouvoir enfin communiquer autrement que par mono syllabe et être sûrs de se faire comprendre. Le secret ma fois, nous le découvrirons bien assez tôt... En fait,
Car pour avoir de telles pâtures... Et bien il faut certes de la pluie mais aussi beauuuucoup et plus encore, d'engraissement à la bouse de vaches ! Odeur garantie !
Bon enfin, une fois toutes nos cellules olfactives définitivement cramées, nous avons pu tranquillement profiter de ces paysages et du plaisir de pouvoir offrir, soir après soir de succulentes prairies à nos vaillants Gros.
Et puis là d'un coup d'un seul la chaleur d'été s'installe, on dit bien après la pluie le beau temps mais... A ce point c'est un peu trop ! 
Donc après avoir crû qu'il nous poussait des branchies et bien à présent on crame et nous pensons devoir nous munir d'un distille de Fremen comme dans le roman de Franck Herbert. En font-ils pour chevaux ?
Heureusement que Pégous, fier hidalgo d’Andalousie, olé, oui, enfin bon, donc pour plus de crédibilité, mon Gousi d’Espagne donc, serrant les dents sous l’écrasante chaleur saharienne, commença à nous stupéfier. Certes il est bien contre son gré et son tempérament notre cheval de tête, car avec son courage à faire paraître téméraire une laitue il ne semble pas avoir tous les atouts dans son jeu… Peuchère ! Et pourtant obligé d’aller devant depuis que je l’ai, renforcé et certain qu’au moindre danger mémère (c’est moi !) sautera à la gorge de quiconque viendra nous importuner, il passe partout et avance sans aucun frissonnement d’hésitation, où que je lui dise d’aller.
Alors sous cette chaleur écrasante (+de 36°) il baissa la tête et enclencha la marche active du Gouzi, 5, 6… 7 km/h dans une plaine sans aucun souffle d’air, il nous traîna tous vers le lieu de bivouac.
Mais il y a aussi de chouettes paysages bien qu'avec cette chaleur si brusque après les fraîcheurs de ces derniers temps, nous ayons du mal à nous acclimater. Ce jour-là nous avons mouillé chevaux et cavaliers avec l'eau à crapaud d'un canal, et nous avons commencé à prendre des teintes non pas bronzées mais cuites et surcuites.
Et puis, ce jour-là, suants et dégoulinants nous arrivâmes chez Betty et Manfred...
Une place pour les poneys, une yourte pour les humanoïdes et une douche pour tous : le Rêve.
Et un jour de repos offert dans ce paradis, avec au programme: baignades...
Et une rencontre inoubliable... Avec Connie une adôôôrable chose ressemblant à un tonneau croisé avec un porcelet, un carlin quoi.
Et tir à l'arc ! Betty pratique aussi le tir à cheval au galop. Mais oui. 
Bref ravigotés et reposés nous étions prêts à partir vers de nouvelles Aventures, Manfred (le hasard existe-t-il ?) étant maréchal ferrant, renforça toutes les ferrures de nos valeureux coursiers et au vu de l'usure des "splendides" baskets rouge de Pégous il le ferra afin qu'on puisse finir le voyage sans encombre. Pégous tout fiérot exhiba sa première ferrure... A 8 ans !
Mais nous nous le sommes promis : nous reviendrons faire un stage ferrure/tir à l'arc, ce n'est qu'un Au revoir.
 
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Leçon n° 112 : apprendre à ne pas perdre le contrôle de sa Destinée

Et nous voici partis, par une belle matinée toujours par ces jolis villages de Bavière
Nous voici... Mais ?! Mais se serait-on dupliqués durant la nuit
N’y aurait pas un certain nombre de chevaux en trop ?
En fait Betty et sa fille Veronica, tout soudain disent qu'elles vont nous accompagner jusqu'à notre prochaine étape prévue et organisée dans un relais équestre.
J'ai un mauvais pressentiment, mais bah comment refuser après toutes les gentillesses dont ils nous ont entourés...?
Le problème c’est que leurs chevaux sont juste des chevaux de prom'prom, pas des baroudeurs comme les nôtres qui malgré leur bon gros bidon et leur air mou, avancent sans souffler 6 heures par jour à 6 km/h... Les leurs se trainent à 4 km/h à peine, et restent loin du groupe nous contraignant à les attendre ce qui coupe le rythme des Gros et les agacent, surtout qu'avec la chaleur les taons sont de sortie et dévorent tout ce qui passe et en particulier les chevaux gris, pauvre Pégous... Je l'inonde de pschitt aux HE mais cela reste qu'un pis-aller.
Et puis Betty dit qu'elle connait la route, sauf qu'elle nous fourvoie et nous envoie dans des efforts inutiles de montées et descentes, comme celle-ci puisque nous devrons rebrousser chemin et remonter toute la pente...
Pour des chevaux de promenade, pas chargés et qui se reposeront le lendemain voire les 6 mois à venir, quels soucis ? Sauf que les nôtres ont déjà 400 km dans les papattes et plus encore devant eux. La gestion de l'effort n'est donc pas la même.
[Et puis elle se perd: ... puis sa saleté de jument en doublant Bibi arrêté pour la laisser passer, le botte en vache. Heureusement les Dieux veillent sur nous et le coup bien que très durement porté ne touchera que les caisses, et nos caisses, made in Canada, c'est du costaud, tabarouette !
Puis cerise sur le gâteau le temps se couvre, on demande si on approche (il est 17 heures passées, d'ordinaire nous finissons nos étapes entre 15 et 16 h...) et la réponse est oui, c'est juste là, 200 mètres peut-être... Il commence à pleuvoir mais contrairement à nos habitudes nous ne prenons pas le temps d'enfiler les ponchos puisque c'est "juste là"... Un juste-là digne du Canada ou tout proche veut dire à 150 km … Bref, en courant Patrice pose les bâches de selles juste avant qu'on se ramasse un orage dantesque et qu'on soit trempé comme des soupes, puisque son 200 mètres se transformera en... 4 kms. Que nous ferons à marche forcée puisque nous avons coutume de faire les un ou deux ultimes kms de l'étape, à pied...
Le tout me valant une ampoule monstrueuse qui ne m'aidera pas les jours à venir...
Nous arrivons donc trempés chez Albert et là, inoubliable rencontre il nous prend en main, nous aide à desseller (une fois Betty repartie dare dare chez elle avec son van !) les poneys sont mis dans une belle pâture avec eau, foin et grain (ration pour éléphant) et nous flanqués sous la douche, nos vêtements en machine pendant qu'il nous prépare un repas de roi.
Tout est bien qui finit bien mais la leçon a porté : plus jamais nous nous laisserons prendre les rênes et dorénavant si quelqu'un souhaite nous accompagner ce sera NIET.

 
L’Oberbayern

Après une soirée mémorable chez Albert, qui fait à jamais parti de notre top 10 des rencontres inoubliables (avec Connie mouahahahhh) il nous conseille un autre relais où nous pourrons être hébergés car, nous dit-il, nous allons passer dans l’Oberbayern et là-bas les gens sont tous des paysans fort peu sympathiques et nous ne trouverons rien où bivouaquer ! Glups !
Nous voici donc partis vers le pays des anti-sympathiques, curieux toutefois de voir ça de plus près… Néanmoins nous assurons un premier contact facile en allant directement vers Peterhof et son superbe relais, tenu par des gens adorables.
Le tracé ce jour-là est apprécié à sa juste mesure : madre de dios qu’il est agréable de circuler seuls sans devoir se trainer des boulets ! Le tracé conseillé par Albert (guide de Tourisme équestre depuis des temps immémoriaux et connaissant tous les chemins de son pays) s’avère roulant et nous conduira sans surprise où il se doit. Un orage viendra tester notre rapidité de réaction à enfiler ponchos et poser la bâche sur le bât, nous serons même contraints de nous réfugier sous un pommier (miam miam) afin de laisser passer la plus grosse fureur du ciel. Mais ça va, nos réflexes sont encore là, et nous pourrons poursuivre nos route sans plus de souci.
Chouette petite halte de midi, où nous en profitons pour faire sécher bâches et ponchos après la saucée qu'on s'est prise.
Puis nous quittons pour un temps les montagnes et abordons les plaines, bourrées d'immondes maïs.
Arrivée pépère au gite de Peterhof, magnifique ferme tirée à 4 épingles comme toutes les fermes du Bayern
Les Gros bénéficieront d'un immense paddock avec herbe, foin et avoine, et nous... D'un appartement avec 2 chambres 2 salles de bain, the panard quoi.
Et le matin un petit dej' allemand, normal ... Nous attend dans la grande salle... Mieux vaut avoir un bon, vaste et solide estomac.
Enfin bon pour l'instant l'accueil chez les pseudo pas sympatoches est plutôt ... Correct non ?
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L’Oberbayern partie 2 où l’on apprendra si vraiment il ne vit là-bas que des paysans renfrognés.

En ce matin au ciel un brin couvert, sur des promesses de pluies qui ne viendront pas, nous voici allégrement partis après une photo souvenir en compagnie du propriétaire du gîte et son chat.
Nous voici donc livrés à nous même rappelons-le, en terre des paysans bourrus. Allons-nous trouver où nous héberger ou serons-nous contraints d’errer jusqu’à ce que nous soyons sortis de ces contrées ? Ou bien que mort s’en suive bien sûr…
Et bien ô miracle, dû certainement à nos dévotions envers Pachamama, nous rebondirons de chouettes pique-niques en superbes bivouacs et cumulerons les sympathiques rencontres avec des paysans purs et durs. Si si craché juré que c’est vrai !
Nous serons gavés d’œufs frais pondus, de lait de vaches (race Fleckvieh : Bestiaux à taches ) de p’tit dej’ gargantuesques, quant aux Gros se sera des pâtures aux goûts divers et variés (champs de pissenlits géants ou de trèfles mais tous trèèès roboratifs !)
Nous visiterons maintes installations laitières de ces grosses mémères à taches rousses et assisterons même à la naissance d’un veau.
 
L’Oberbayern partie 3 ou l’on apprend que la Haute Bavière est plus basse que la Basse

Et oui, la Haute Bavière c’est plat, mais plat ! Alors que la Basse Bavière est un composé moelleux de moutonnements montagneux, la Haute, elle, est une étendue toute plate à peine remuée par quelques sursauts de collines ramollies. A n’y rien comprendre.
 
L’Oberbayern partie 4 le calme avant la tempête

Nous avançons gentiment, entre 25 et 30 km/jour, le temps est chaud, trop c’est certain et les chevaux se font continuellement agresser par des taons gros comme des bombardiers. Nous aussi d’ailleurs !
Par malchance Pégous, Bibi et moi les attirons plus que les autres et c’est dans un nuage vrombissant de centaines de ces horreurs volantes, que nous avançons. J’enduis, j’oins, je pschitte tout notre petit groupe avec tout ce qui peut bien me tomber sous la main, mais si cela réduit un brin on est toutefois copieusement mordu. Alors je tape, j’écrabouille à tour de bras les affreuses bestioles et chaque jour le nombre de taons morts au champ d’honneur augmente de plusieurs centaines…
Nous traversons paisiblement l’autoroute qui part sur Munich, qui nous semblait si lointain il y a peu de jours encore.




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L’Oberbayern partie 5 : séquence effroi et émotion
Préparez pop corn et mouchoires, ça va être long

Lorsque je repense à tout ça, je ne peux m’empêcher de frémir en songeant à l’accumulation de micros événements qu’il a fallu pour en arriver à ce résultat… Une seule chose n’aurait pas suffi, mais l’addition y est parvenue.
Ce matin-là, après une nuit paisible malgré un orage et une pâture couverte de bouses de vache, deux faits que nous ne remarquons plus. Tout juste se borne-t-on à tenter de ne pas dresser la tente sur l’un de ces popos en forme d’omelette Norvégienne.
Ce matin-là, donc nous voici invités à partager le petit déjeuner de nos charmants hôtes d’une nuit, petit dej’ qui n’a de petit que le terme. Mais bref il est tard pour nous, et quasiment l’heure de partir cependant afin de ne pas les décevoir nous acceptons, ce qui constituera notre première erreur.
Le repas, excellent et d’épatante compagnie (le papi, géant rigolard nous fera une démonstration d’un sport Bavarois : le lever au bout d’un seul bras d’un poids de 11 kg Enormissime) Enfin il est 10 heures et nous nous décidons à lever le camp. Le temps est maussade, il nous menace même d’un ciel lourd et sombre avant de s’éclaircir puisque tout compte fait ces menaces ne nous ont même pas fait frémir.
Nous avançons tout de même très bien, et cet après-midi-là nous traversons la petite bourgade de Geretsried que nous mettrons un temps infini à traverser, tant elle est étendue en lotissements et zones diverses. Heureusement nous sommes un dimanche et il n’y a presque personne en ville, et pour cause ils sont tous partis se baigner au petit lac de Bibisee (le lac de Bibi !) , là où nous même voudrions bien faire plouf plouf aussi.
Pas de chance, nous tombons pile sur le retour de ces vacanciers d’un jour qui envahissent la piste cyclable et il est bien difficile d’y mouvoir nos 5 Gros sans écraser qui que ce soit, surtout que les gens, inconscients, ne semblent pas réaliser le danger et restent stupidement à nous regarder au beau milieu du chemin.
Bref nous parvenons à sortir de là sans avoir trop piétinés d’allemands et avançons gaillardement vers le camping (Campingplatz Königsdorf) que nous avons repéré sur la carte. Hélas il affiche complet et ne pourra pas nous accueillir. Quel dommage, surtout que le temps se couvre de plus en plus sérieusement, annonçant un évènement orageux imminent et sérieux.
Contraints d’avancer car le coin est bondé, voitures, cyclistes, piétons tout ça forme une masse compacte que nous laissons derrière nous avec soulagement, pour un chouette chemin forestier.
Puis, soudain sans prévenir tel un robinet que l’on ouvre brusquement, la pluie tombe, drue, violente, accompagnée de vents qui font grincer sinistrement les sapins qui se plient et ploient sous les bourrasques. Heureusement question pluie, nous avons une certaine expérience, nous ne sommes pas pris au dépourvu puisque la bâche de bât protège déjà hermétiquement celui-ci, et nous avons enfilé nos ponchos qui tout à coup se gonflent et claquent dans le vent, tels des voiles lors d’une régate.
Les chevaux baissent la tête et font front, nous les encourageons à avancer : à la sortie de la forêt se trouve une ferme où nous pourrions sans doute nous abriter. Mais déjà il faut y parvenir ce qui est loin d’être évident, battus par les pluies torrentielles et les vents de tempête qui seront bien pire lorsque nous sortons de la forêt. En terrain découvert les vents sont tels que les chevaux, surpris, manquent se renverser, mais opiniâtres ils résistent et avançant en crabe, ils continuent à avancer. Au loin, là-bas nous devinons la silhouette plus sombre d’une habitation. Ragaillardie j’encourage mon Pégous lui promettant un endroit où s’abriter de la folie des éléments. Nous traversons une vaste cour et nous nous réfugions sous le vaste débord du toit de la grange que j’étais certaine de trouver : toutes les fermes en ont un ici !
Tremblants nous mettons pied à terre, les chevaux blottis les uns contre les autres regardent la pluie déborder des gouttières avec de gros yeux pleins de reproches : mais qu’est-ce que c’est que ce pays ?
Patrice part à la recherche de quelqu’un afin de demander s’il serait possible de passer la nuit ici. C’est l’heure de la traite et là où nous venons d’échouer, rabattus par la tempête, les gens ne semblent pas sensibilisés au sort de naufragés… Il accepterons néanmoins que nous restions (de toute façon il aurait été impossible de nous faire bouger ) et lorsque l’orage s’éloigne, Patrice et Toto partent installer un paddock, certes pas trop grand car tout d’même l’herbe en Bavière c’est pas pour rien, où les Gros pourront se détendre. Avec Vincent nous dessellons, nous avions déjà déposé tous les bagages, puisque cela fait plus d’une heure que nous sommes là, réfugiés sous la bordure du toit, dans il faut bien le dire l’indifférence générale.
Je suis assez étonnée car les allemands ne nous ont pas accoutumés à ce genre d’accueil, et tout soudain je me demande si Albert n’avait pas quand même un peu raison …
Bref les chevaux sont mis en pâture alors que le ciel s’égoutte et Patrice demande s’il n’y aurait pas un endroit où nous pourrions faire sécher nos affaires. Le paysan dit que non et lorsqu’on connait la taille des fermes et des maisons allemandes, ça laisse un peu pantois. Puis peut-être un peu honteux il nous propose toutefois le garage des tracteurs. Je suis mécontente et je préférerais dormir sous notre tente, mais Patrice et les garçons, fatigués, disent qu’étant donné que tout est mouillé y compris notre tente (trempée par la pluie de la nuit précédente) ce sera pénible, aussi …autant dormir là.
Enième erreur : je n’insiste pas et nous étendons nos ponchos sur le matériel agricole qui somme toute, fait un bon séchoir. Grace à notre matos nous ne sommes pas mouillés et seul les vet bed ont un peu pris la pluie et encore pas tant que ça. Finalement c’est un bon test : notre matériel supporte les pluies diluviennes !
Il est tard et c’est à la lampe frontale que nous grignotons notre riz, puis dodo.
Il est 6 heures lorsque nous nous étirons et émergeons de notre sommeil en compagnie des tracteurs qui ont été fort sages toute la nuit. Finalement leur compagnie n’était pas si affreuse ! Au même moment le paysan toque à la porte et nous dit que nos chevaux se sont échappés… What !?
Patrice et Vincent se précipitent, tandis qu’avec Toto nous commençons à hâtivement tout ranger. Je ne suis pas plus inquiète que ça, je me dis qu’ils ont dû passer la clôture pour une raison idiote genre… Brouter plus loin, et qu’on va les attraper immédiatement. Hélas au bout de quelques minutes Vincent vient me chercher, affolé, les chevaux sont devenus dingues ils galopent dans toute la campagne et sont inapprochables !
Je bondis, en croc (verte à fleures top moumoute !) pour les voir se précipiter comme des bombes vers la forêt, Patrice leur courant après et nous avec Vincent bin à leur suite comme un épisode pas très drôle de Benny Hill. Et on court, on court je sais bien qu’on est une année Olympique mais tout d’même. Finalement on perd leurs traces à l’orée d’un marécage, plus rien, plus de chevaux je suis atterrée et ne réalise pas bien ce qui ce passe : mes chevaux font ça de se transformer en mustangs ? Est-ce vraiment possible ?
Patrice repart vers la ferme afin de téléphoner à la police tandis qu’avec Vincent nous tendons de faire resurgir le trappeur qui vit en nous. Peine perdu, le cœur lourd nous retournons aussi à la ferme afin d’y trouver Toto en train de démonter le paddock et nulle trace de Patrice. Ah bin v’la que lui aussi a disparu elle est bien bonne !
Nous sommes désemparés toutefois nous plions et rangeons toutes nos affaires lorsque la fermière déboule avec sa voiture et nous dit qu’on a retrouvé les chevaux ! Yesss ! Elle nous embarque tous trois dans sa voiture et nous emmène à quelques kilomètres dans la cour d’une ferme le long de la nationale. Là pas de chevaux ni de Patrice. Mais qu’est ce qui ce passe encore ! La propriétaire des lieux me lance un sibyllins « pferde » tout en faisant signe que les chevaux sont partis. Mon cœur se décroche car je comprends qu’à nouveau ils sont perdus. Avec les garçons nous nous mettons à courir remontant la piste bien visible sur les chemins forestiers. La première fermière ne cherche pas plus à nous expliquer quoi que ce soit et nous laisse là, à stupidement courir, l’angoisse au bord des lèvres…
Avec les garçons nous remontons les traces qui repartent vers la ferme et plus de 4 kms plus loin nous parvenons à la ferme, le cœur chaviré : nos chevaux y seront-ils ? Seraient-ils retournés là-bas ? Est-ce possible ? Et puis tout soudain nous apercevons la grosse tête de Lucky qui dépasse d’un muret, quelle bonheur ! Quel soulagement ! Patrice est là aussi et tous se porte comme un charme. C’est à peine croyable…
Finalement Patrice nous explique que la police lui a dit qu’ils avaient nos chevaux, ceux-ci rentraient en fait tranquillement chez eux en refaisant le chemin de la veille. La fermière a alors emmené Patrice sur place puis Patrice lui a demandé simplement de me dire qu’on avait retrouvé les chevaux et qu’il les ramenait, absolument pas de m’emmener et encore moins de m’expliquer quoique ce soit !
Enfin tout est bien qui finit bien, quoique je ne comprenne pas ce qui s’est passé… comment se fait-il que nos bons gros pépères, accoutumés à dormir dehors aient pu avoir une telle réaction ? C’est presque incompréhensible lorsqu’en discutant avec le fermier, nous finissons pas saisir qu’il est entré dans le paddock et d’une façon ou d’une autre, il leur a fait peur. Certainement pas de manière délibéré mais s’il les a abordés comme il le fait avec ses vaches pas étonnant que nos Gros aient pris leurs jambes à leurs cous !
Nous partons le plus vite possible de ce lieu, les chevaux sont calmes tout heureux et visiblement soulagés de nous retrouver. Après cette épopée matinale, j’ai les jambes qui flajolent, de la course et du contre coup de la frayeur, toutefois une chose est certaine : plus jamais à moins d’avoir accès à un paddock sécurisé, je ne laisserai mes pépères seuls la nuit. Trop dangereux avec ces paysans qui rôdent !
Et puis comme nous sommes tous HS, chevaux compris nous décidons de ne pas plus nous agacer que ça, après tout ne sommes-nous pas en vacances ? Un coup de fil à l’oncle de Patrice (sa famille vit à côté de Ravensburg) et nous organisons un transport de toute la family là-bas, où nous pourrons nous reposer quelques jours et nous remettre de nos émotions, voire même organiser le ferrage des Gros qui ont bien usé leurs godasses.
C’est vers 18 heures que nous débarquons d’un grand camion 9 places (il nous fallait au moins ça !) accueillis par toute la famille de Patrice. Que de retrouvailles ! Un beau paddock a été monté dans une belle prairie plantée de pommiers et nous dressons notre tente, car pas question, ô non, de laisser les Gros. Plus jamais ! D’ailleurs Bibi reste là, à surveiller attentivement l’opération, lui non plus ne semble pas prêt à dormir tout seul, pauvre chou…
La tente est montée, les chevaux tranquillisés et sous la garde du voisin, quant à nous nous sommes emmenés pour une délicieuse douche, puis un non moins merveilleux repas dans une Gasthaus, celle-là même où sont servis les meilleurs Schnitzel du monde.
Ouf. Décidément dans les histoires je n’apprécie que celles avec happy end…

 

Repos dans le Bade-Wurtemberg

Pendant que les chevaux se goinfrent d'herbe et de pommes, nous visitons Ravensburg, charmante petite ville minutieusement rénovée.
Nous irons même visiter le musée des jeux Ravensburger qui se trouve, bin... A Ravensburg Qui l'eut cru !

Nous irons voir un coucher de soleil sur le Bondensee, et même nous tremper les pieds, frustrés que nous sommes de n'avoir pas pu encore nager dans un lac ! Au passage nous admirerons une famille de cygne: maman et ses bb...
Les chevaux reposés (bon OK ils n'étaient pas fatigués mais bon.... Au cas où) et ferrés de frais, sont prêts à s'élancer sur les chemins, leurs humains avec.
Dernière photo avec la famille de Patrice... Et nous voici partis, traversant Ravensburg et priant en continue pour que les chevaux ne larguent pas un « cadeau » vert sur les trottoirs reluisants, enfin nous passons l'autoroute et retrouvons avec plaisir et soulagement la tranquillité de petits chemins vagabondant dans les collines. Même si c'est au milieu du maïs il fait bon retrouver le rythme du voyage. Contrairement à la haute Bavière, le Bade-Wurtemberg est bien joliment vallonné. Un régal. Partout de splendides fontaines permettent à nos assoiffés de se désaltérer, ce que l'on apprécie vraiment car en Bavière on ne trouvait nulle part de fontaine pour nos Gros.
Enfin nous voici à nouveau sur les routes et c’est vraiment chouette. Les 3 jours passés à se reposer dans la famille de Patrice ont été extra et c’était un immense plaisir de tous les revoir, mais le chemin est là et nous appelle…

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Le Bade-Wurtemberg épisode 2 : où Blueberry apprend à faire l’idiote

Ce soir-là nous trouvons avec une rapidité déconcertante un superbe hébergement pour nos Gros. En effet nous passons devant une ferme, il n’est même pas 15 heures mais bah, nous avons bien marché, alors pourquoi ne pas tenter de demander ici, après tout ?
Ma foi, avec une spontanéité dont semble découler une évidence, l’agricultrice tout en joie par notre équipage, nous montre l’immensité des terres alentour en s’exclamant :
- Oh bin si c’est que ça, de l’herbe on a que ça ici ! Mettez-vous où vous voulez !
Voilà pas plus dur que ça !
Les Gros gambaderont dans une prairie de plusieurs hectares avec des voisines vaches toutes curieuses de ces nouveaux venus. L’une plus hardie que les autres ira même jusqu’à sauter la clôture afin d’aller les voir de plus près.
Nous serons invités à manger chez la voisine, conduits en ville pour faire 3 courses bref l’aventure survivaliste ça ne sera pas pour cette fois-ci.
Le lendemain nous nous levons un peu tôt, vers 5h30, en raison de la chaleur mieux vaut essayer de décoller pas trop tard. Nous en sommes à plier les affaires et faire chauffer le café, lorsque deux voitures d’attelage passent sur la petite route jouxtant la pâture de nos Gros, mettant ces derniers en joie. Ils foncent pour aller voir ces nouveaux copains, terrorisant un brin ceux-ci… Oups…
Nous courons rattraper nos affreux, mais là, tout soudain, Blueberry qui a semble-t-il appris à péter une clôture lors de l’épisode de leur fuite en Bavière, se jette comme une tarée sur la clôture ! Par contre la différence c’est que cette clôture-ci n’a rien à voir avec notre p’tit ruban, c’est une solide clôture en robuste fil de fer, copieusement alimentée par l’électricité. La Pétasse à Tâches est brutalement stoppée net, dans son élan vers la bêtise absolue (bien fait) et vexée, part à triple blinde dans la pâture, les 4 autres Gros derrière.
Mais bien sûr… Puisqu’ils veulent jouer au plus crétins, pourquoi pas ? Nous les relançons au galop sitôt que le rythme s’essouffle, puis proposons aux hongres de se laisser attraper, ce qu’ils font avec un vif soulagement. Ne reste que l’affreuse qu’on va faire courir encore un peu, toute seule pour la peine et qui en sera vexée comme tout. Bien fait.
Finalement avec tout ça nous parvenons à partir vers 8h30, pas si mal compte tenu de l’incident éducatif.
En fin de compte il ne fait pas trop chaud, et c’est bien agréable de marcher sans ruisseler sous un soleil écrasant. Les paysages sont joliment vallonnés et l’on peut voir une nette régression des champs de maïs, au profit de houblon et ces longues lianes étonnantes, d’arbres fruitiers croulants de fruits (pommes, poires, prunes) et même de plantations incroyables de… Sapins de Noël !
Lentement mais surement nous nous dirigeons vers les montagnes.
Nous longeons le lac de Illmensee, que nous n'apercevrons hélas que de loin : ce n'est pas encore aujourd'hui que nous ferons plouf plouf dans un lac ! Zut !
Ce soir-là nous trouvons avec tout autant de facilité que la veille, un coin où poser notre tente et nos Gros velus. L'endroit est complétement idéal : de l'herbe bien haute et à l'ombre pour les poilus, et une pelouse soigneusement tondue pour nous. Eh, la classe hein !
Au milieu de toute cette douceur, seule Blueberry fait un brin la gueule, elle est "punie" après sa séance "j'suis une folle" du matin. En effet, mémère (c'est moi) ayant un humour tout à fait modéré n'a absolument pas apprécié ses gambadages matinaux... Pour la peine, et par sécurité on lui pose les entraves, ce qu'elle apprécie plus que moyennement. Elle parvient néanmoins à brouter en se déplaçant comme une handicapée ce qui nous fait bien rire. Au petit matin, Crétine à Tâches est toujours vivante (qui l'eut cru) fatiguée par sa nuit et... La leçon a semble-t-il parfaitement portée, elle se conduira à la perfection et sera mignonne comme tout jusqu'à la fin du voyage.
Le départ par une aussi belle journée se fait comme un rien, et nous voici sur les routes avec un chouette tracé avec de bien jolis paysages. L'après-midi sera moins agréable que le matin, il fait très chaud, les taons gros comme des bombardiers B-52 nous harcèlent sans arrêt, c'est insupportable et Pégous se fait manger tout cru, peuchère !
Mais parce que le voyage est ainsi, c'est aussi ce soir-là que nous aurons notre plus mémorable soirée. Nous arrivons au flan devant une maison à côté de laquelle se trouve quelques paddock et demandons s'il serait possible, éventuellement d'avoir un coin pour nos velus pour la nuit, et là... Un homme jaillit et nous voici accueillis comme jamais ! Douche pour toute la troupe, lavage de nos affaires tapis de selle compris, les gros se retrouvent dans un paddock avec herbe, foin et grains quant à nous nous serons invités à manger, boire et dormir chez Matthias et sa famille, Matthias qui est maréchal ferrant nous fera passer une soirée incroyable à s'étouffer de rire et de bière

 
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Le Bade-Wurtemberg suite

Après il faut bien l'avouer une nuit fort peu reposante dans ces lits trop confortables nous avons tous regretté notre tente qui au fil des jours est devenue notre petit "chez nous" et nos simple vet bed sur lesquels nous dormons, de luxueux matelas nous partons tous propres comme des sous neuf, pantalons, tapis de selle, nous sentons la lessive à 10 pas ... Quel changement !
Le temps est beau, pas encore étouffant et le tracé est sympatoche entre petits villages, forêts et champs couverts de blé en pleine moisson. Ce soir notre hébergement a été organisé par Matthias, c'est donc tout facilement que nous arrivons comme des fleurs dans une pension pour chevaux. Nous serons tous confortablement logés dans un vaste paddock avec pommiers croulants de fruits dont les Gros vont se régaler.
Après une nuit magnifiquement confortable, nous partons pour un joli tracé qui va nous amener vers le Danube qui n'est encore qu'une petite rivière. Nous voici abordant le tracé qui longera fluidement ce bb Danube que nous traverserons plusieurs fois, sur des ponts assez sympatoches, en particulier, comme ce pont couvert qui immédiatement nous emmène dans un rêve d'Ouest américain et pourquoi pas vers cette Route de Madison…

 

Le Bade-Wurtemberg encore et toujours !

Après nous être copieusement restaurés dans cette petite auberge installée là, afin de satisfaire l’appétit de tous ces randonneurs, nous repartons mollement, il fait chaud, faut-il dire…
Comme il se doit on ne peut pas courir que par des chemins semés de fleurettes, nous longeons pendant quelques minutes une nationale où les chauffeurs routiers nous saluent avec enthousiasme. Et puis cela nous permet de confirmer notre route : c'est bon, Freiburg c'est par là tout droit.
Puis nous quittons toute cette agitation pour un peu plus de calme, et dans un début de moutonnement de collines, nous trouverons un coin d'herbe où poser notre caravansérail. Nous nous sommes adressés à une sorte de ranch bizarrement décoré comme un ranch américain, nous ne serons pas surpris de voir qu’on ne pratique là que la monte western !
Le proprio’ (Canadien d’origine allemande ou allemand né au Canada je n’ai pas bien saisi) nous installera dans une prairie bien verdoyante, avant de revenir une fois le paddock monté afin qu’on fasse plus petit, ce que nous refusons avec le sourire en lui expliquant que plus c’est grand moins les chevaux abiment, ce qui est vrai.
Il nous fera payer 20€ pour la location dont nous nous acquitterons en souriant toujours, mais avec toutefois un hoquet de surprise : ce sera la 1ière (et la dernière) fois qu’on nous réclamera de l’argent. Ahhh là là ces Canadiens, ils ne perdent pas l’Nord !
Puis notre campement dûment installé nous allons faire trempette dans le Danube.

 
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Et là on est où ? Bin dans le Bade-Wurtemberg pourquoi !

Levés à 6h nous décollons à 8 par une belle matinée pas trop chaude, bien qu’hélas des nuées de moucherons nous piquent, nous mordent et nous zonzonnent de partout. Heureusement j’avais prévu les bonnets (tellement esthétique n’est-il pas ?!) pour les chevaux et c’est avec tranquillité malgré les masses bourdonnantes, qu’ils entament leur journée.
Ca grimpe tout de suite beaucoup, ce qui nous permet d'avoir une vue somptueuse.
Le tracé est très sympatoche, nous faisant emprunter des chemins tout tranquilles qui nous promènent doucement le long, puis nous descendons vers la plaine et la petite ville de Döggingen. A midi, étouffés de chaleur nous trouvons miraculeusement une place pour toute la family, à la terrasse d'une gasthaus (auberge). Les Gros, eux, sommeillent paisiblement à l'ombre tandis qu'on engloutit 1 litre d'apfelschorle chacun !

Nous reprenons la route dans une superbe forêt, étrangement décorée : sur plusieurs kms le chemin est en effet "orné" par de bizarres œuvres "d'art"... Un psychopathe forestier traîne-t-il dans les parages ?!
Enfin nous laissons là, ces délires et parvenons au petit village d'Unterbränd situé juste à côté du lac de Kirnbergsee. Il y a là une jolie église...... Et surtout ... Un camping !
Aussitôt nous nous y rendons et demandons si... Et bin no soucy Nous voici installés comme des rois, si bien que nous décidons sur le champ de rester là pour un jour de repos. Les chevaux sont logés impec' dans un très vaste paddock débordant d'herbe, amplement suffisant pour 1 journée et 2 nuits, même pour nos ventres à pattes...
Cette nuit-là nous essuierons un orage "fin du monde" avec vent de tempête, pluie torrentielle, tonnerre et foudre à rester pétrifiés dans son duvet. Nous sortons vivants de cette nuit, les chevaux broutent comme si de rien n'était et nous considèrent d'un œil goguenard : té les humains !
Par contre les autres campeurs n'ont pas été aussi chanceux que nous qui n'avons pas un poil de mouillé, si je peux dire : partout les gens sortent duvets, matelas, vêtements et étendent tout ça un peu partout, le camping prenant un vague air de camp de réfugiés. Moralité : avoir du bon matos et bé ça aide dans la vie !
Le soleil est revenu, et le lac est paisible. Ce lac est un lac artificiel, il est néanmoins un lieu de protection des oiseaux et le lac le plus "chaud" d’Allemagne... parait-il ! Et qui dit chaud dit... Baignade ! Yesss nous l'aurons enfin eut notre plouf plouf dans un lac.
Bref une journée de repos idéal où nous profitons des installations pratiques du camping pour nous laver/récurer de fond en comble, laver nos vêtements, nettoyer le matos... etc Tandis que les Gros roupillent peu au fait de toute cette humaine agitation. Elle n’est pas belle la vie ?

 

Entrée dans le Schwarzwald

Nous voici levés à 6h après une nuit bien reposante et sans orage terrifiant cette fois.
Le temps est magnifique et nous plions rapidement le camp, tout excités à l’idée de découvrir enfin, la Forêt Noire. Pour l’instant nous connaissons et apprécions ô combien la Forêt Noire en gâteau, mais qu’en sera-t-il de la région ?!
Nous traversons une nationale peu fréquentée ce matin et ça y est nous entrons de pleins sabots dans une immense forêt, qui nous conduit par un chemin rectiligne de plus de 8 kms jusqu’aux premières montagnes.
Nous sommes soufflés : mais que c’est beau Mama ! Sans doute les plus beaux paysages que nous ayons contemplés jusqu’à présent. Les montagnes sont couvertes de prairies, de forêts et de chalets, tout ça verdoyant sous un soleil radieux : top.
On grimpe jusqu’à plus de 1000m et plus de taons, tout est tout simplement parfait. L’après-midi aura un tracé tout aussi somptueux et fatiguant à cause des dénivelés importants mais nous profiterons de l’ombre des sous-bois : organisation idéale !
Enfin vers 16h nous trouvons à nous héberger dans les pâtures d’un petit centre équestre/auberge/prom’prom’ à dos d’hafli’.
Les Gros profiteront d’une prairie encore ô combien roborative avec une vue incroyable tandis que nous autres, pauvres voyageurs, nous serons contraints de nous traîner à l’auberge afin de goûter quelques spécialités locales. Pfufff trop rude la vie de voyageurs…

 
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Où le Schwarzwald concurrence la Slovénie en matière de paysages et de dénivelés !

Le soleil tremblote à l’horizon et déjà nous émergeons de nos duvets, aujourd’hui l’étape risque d’être rude avec de gros dénivelés et une forte chaleur.
Nous expédions le p’tit dej’ et sellons rapidement les Gros dans la carrière, ce qui nous permet d’avoir les pieds préservés de la rosée matinale.
A 7h30 nous voici sur les chemins descendant par une gorge encore toute ombragée de nuit.
Dans une pâture pour dahus quelques bb hafli’ dégringolent nous voir, mais qu’ils sont laids ces machins-là et semblent fragiles, en comparaison de notre Tracteur des Alpes, modèle Fermier Originel certifié !
Après cette looongue descente nous ahanons dans des montées qui nous conduisent à des sommets où s’offrent des paysages si beaux qu’on se croit tout soudain de retour là-bas en Slovénie. Les mêmes prairies verdoyantes, les mêmes forêts touffues et… Les mêmes chemins épuisants, il faut bien le dire aussi !
Par chance nous sommes tous dotés de gros et forts mollets idéalement adaptés ! Les chevaux ayant eux-aussi parcourus les sentes Slovènes ne se laissent pas abattre, malgré la chaleur qui nous fait ruisseler.
Encore une descente et au loin après la vallée, se profile une plaine, d’autres montagnes qui se découpent dans le ciel surchauffé : les Vosges mais oui !
En attendant nous dégringolons de nos alpages afin de gagner cette plaine qui nous présente un visage tout méditerranéen, avec ces vignes en coteaux, ses vergers de pommiers et ses platanes au long des routes.
Ce soir-là nous trouvons un agréable hébergement dans une exploitation agricole qui fait dans les fruits bio. Chouette nous voici tous logés à l’ombre bienfaisante d’immenses cerisiers, sous lesquels les chevaux trouvent une herbe plus qu’abondante et nutritive. Une bonne douche pour tout le monde et au dodo pour une nuit la pire de notre périple….

 

Ultime nuit en Deutschland ou un samedi soir en Allemagne…

En effet pour notre dernière nuit en Allemagne nous voici plutôt gâtés : ombre rafraichissante et si bienvenue après cette journée cuisante, douche plus que bienfaisante pour toute la petite troupe, accueil magnifiquement amical par toute la famille de l’exploitation agricole, en un mot : c’est top.
Ereintés après cette longue journée caniculaire et épuisante avec ces forts dénivelés, nous nous endormons tous rapidement, y compris les Gros qui ont pris l’habitude de se coucher le plus près possible de la tente et de vivre au même rythme que nous, ou bien est-ce nous qui vivons au leur ? En tout cas, peu importe, les voici endormis comme des petits chats et s’ils le pouvaient ils se blottiraient en boule dans les duvets avec nous ! Heureusement que la tente est trop p’tite pour ça !
Afin de comprendre la suite de l’histoire je dois vous préciser que nous sommes à Denzlingen, petite ville tout à côté de Freiburg qu’il nous faut contourner. Ainsi nous abordons une partie plutôt urbanisée, et l’exploitation où nous nous trouvons est un véritable havre de paix au milieu des voies ferrés, des autoroutes et autres voies rapides et de tout un tas de cités de banlieue. Une charmante petite route gentiment parcourue par des cyclistes, traverse la propriété mais sur le moment nous n’y accordons pas plus d’importance. Lorsque tout soudain vers 22 ou 23 h nous sommes réveillés en sursaut pas une musique démente qui transperce et déchire le calme de la nuit, on se croit tout à coup plongés au cœur d’une nuit à Ibiza, bruit à crever les tympans et lumières stroboscopiques, tout y est !
Nous jaillissons hors de la tente, hébétés, pour voir passer une petite troupe de jeunes en vélo, trainant une remorque avec sono et gyrophare… La jeunesse Allemande partant faire la fête certainement ! C’est juste ahurissant et carrément dingue, ce que semble penser les Gros qui tirés de leur sommeil tout aussi brutalement que nous, galopent comme des tarés sous les arbres. Nous parvenons par miracle à les calmer et à ce qu’ils ne pètent pas leur clôture. Ouf tout rentre dans l’ordre et nous retournons tous à notre sommeil que nous espérons réparateur…
2h du mat’, bis repetita, nos jeunes repassent : bin quoi faut bien qu’ils rentrent chez eux… Même boucan avec musique de discothèque et lumières démentes ! Cette fois les chevaux restent impassibles et contemplent cette nouvelle stupide apparition avec tout le mépris qu’elle mérite, et seuls, nous autres humains sommes bêtement surpris. Patrice qui par chance maitrise toutes les subtilités de la langue de Goethe, peut se défouler en engueulant copieusement les vélocipédistes mais ma fois notre nuit est bel et bien gâchée sachant qu’il nous faudra lever le camp de bonne heure puisque la météo prévoit plus de 38° pour la journée à venir, mieux vaudrait donc décoller à la fraiche ou pseudo fraiche.
En tout cas nous nous souviendrons de notre dernière nuit allemande ! Ouh là là…

 
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A nous l’Alsace, ses coteaux, ses taons et son Crémant

Le réveil après cette nuit de fiesta est un brin difficile et nous nous extirpons laborieusement de la tente à 5h30. Les Gros sont en forme, eux, malgré toute l’ambiance nocturne, et comme il fait déjà bien tiédasse nous nous hâtons autant que faire se peut et parvenons à partir vers 7h30.
La chaleur est déjà là et c’est une grosse journée peu marrante qui nous attend, puisqu’en effet nous devons profiter de ce dimanche, jour de moindre circulation, afin de franchir le Rhin. Pour ce faire nous devons traverser la plaine qui s’étend devant nous, crapahuter par-dessus les collines couvertes de vignobles, dégringoler de l’autre côté afin de parcourir la plaine qui s’étend jusqu’au fleuve. Fastoche : ce sera plat, couvert de maïs, de taons et on rôtira au soleil !
Mais pas le choix, si on veut aller en Alsace c’est par là tout droit. Afin de ne pas épuiser les chevaux dans les chemins agricoles, qui serpentent au travers des champs de maïs, nous optons pour la ligne droite de la nationale en empruntant la piste cyclable.
De bon matin nous découvrons nos premières maisons à colombages et apercevons posées dans des champs à picorer telles des poules géantes, nos premières cigognes : tiens ça sent l’Alsace tout ça !
La chaleur est suffocante, par chance nous trouvons régulièrement des fontaines afin d’abreuver nos courageuses montures, qui faisant fi des taons et du soleil, avancent imperturbablement. Pégous en tête de notre petite troupe, le regard vissé sur la lointaine ligne bleue des Vosges, nous entraine à un rythme tranquille et assuré jusqu’en France. Sans aucune sollicitation il enclenche le mode « marche active on » et sans plus se poser de question il nous emmènera le long des nationales et des pistes cyclables, nous fera traverser villages, champs de maïs bourdonnant de taons tout aussi transgéniques que les plantes qui les abritent, et enfin les ponts du Rhin où par chance il y a peu de circulation. Sincèrement ce passage du Rhin n'est pas un bon souvenir, rien n'est aménagé pour les cyclistes et autres usagers, et c'est plus que limite sécuritaire... Heureusement nos Gros avancent paisiblement, et si je crains quelque chose ce n'est pas de leur part, mais bien de celle des automobilistes parfois complétements inconscients... Danielle Weill qui nous a copieusement aidés pour notre tracé en Alsace, nous a conseillé de passer le Rhin à Marckolsheim car ce n’est certes pas l’idéal mais le moins pire.
Enfin tout ce passe néanmoins à merveille, et les jours suivants tirés par le tracé touristique de Danielle, nous traverserons une partie de la plaine d'Alsace, au milieu de stupéfiants villages si colorés et fleuris. Nous passerons au pied du château du Haut Koenigsbourg dont la silhouette rose se découpe, miroitante dans l'air brûlant. Nous traversons les vignobles tout tirés au cordeau et tous si uniformément et méticuleusement taillés, empruntant un instant le chemin de Compostelle, certes à l'envers. L'itinéraire prévu par Danielle est épatant, il prévoit même quelques passages avec un zest de dextérité afin de ne pas sombrer dans l'ennui. Nous traversons quantité de ces villages et bien que je prie afin que les Gros ne larguent pas de popo, plof au beau milieu de la route, je me régale à contempler toutes ces maisons resplendissantes. Comme en Allemagne, nous trouvons partout des fontaines où les Gros peuvent s'abreuver, et où nous pouvons les mouiller. Malgré la canicule (il fait plus de 36°) nous nous régalons de ces paysages doucement vallonnés et de ces chemins qui serpentent entre les vignobles.
Mais tout à une fin, nos 6 semaines d'aventure s'achèvent à présent, Bibi qui a vécu quelques temps au centre équestre de Wangen, la Ferme Kleinerlen, reconnait le chemin et dresse les oreilles, il n'y a pas de doute nous sommes arrivés...

 
 
 

Epilogue

Nous sommes accueillis à bras ouverts à la Ferme, et installés comme des rois nous et notre troupe de poilus, comme s’il était normal et évident de recevoir des voyageurs ! Nous passons 3 jours, là, à nous faire dorloter par Vincent le moniteur, et toute son équipe aux petits soins pour nous ; les Gros n’étant pas en reste de chouchoutage à coups de seaux entiers de grains et de montagne de foin !
C’est avec regret que ce samedi 25 Août nous rangeons sagement les poilus dans le camion venus les chercher afin de les ramener à la maison. Nous grimpons de notre côté dans le camping-car de pépé et mémé venus jusqu’ici, afin de voir si nous avons survécu à notre périple et nous emmener à Prague, car hélas il est temps de rentrer…
Nous sommes tristes car le voyage est terminé mais nous repartons la tête pleine d’images et de souvenirs : nous avons traversé l’Allemagne, nous avons eu tour à tour froid et chaud, nous avons eu peur et tellement ri aussi, nous avons fait des rencontres inoubliables et enfin nous avons vu Staf’ ce qui était le but de notre épopée…
Nous pouvons donc paisiblement rentrer à présent, et puis il est temps de penser au prochain voyage…

 




 

Et parce qu'on a plus honte de rien, voici  les séquences les moins reluisantes de notre voyage !
The Best off !
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