De Prague à Strasbourg : Epilogue

Nous sommes accueillis à bras ouverts à la Ferme, et installés comme des rois nous et notre troupe de poilus, comme s’il était normal et évident de recevoir des voyageurs ! Nous passons 3 jours, là, à nous faire dorloter par Vincent le moniteur, et toute son équipe aux petits soins pour nous ; les Gros n’étant pas en reste de chouchoutage à coups de seaux entiers de grains et de montagne de foin !
C’est avec regret que ce samedi 25 Août nous rangeons sagement les poilus dans le camion venus les chercher afin de les ramener à la maison. Nous grimpons de notre côté dans le camping-car de pépé et mémé venus jusqu’ici, afin de voir si nous avons survécu à notre périple et nous emmener à Prague, car hélas il est temps de rentrer…
Nous sommes tristes car le voyage est terminé mais nous repartons la tête pleine d’images et de souvenirs : nous avons traversé l’Allemagne, nous avons eu tour à tour froid et chaud, nous avons eu peur et tellement ri aussi, nous avons fait des rencontres inoubliables et enfin nous avons vu Staf’ ce qui était le but de notre épopée…
Nous pouvons donc paisiblement rentrer à présent, et puis il est temps de penser au prochain voyage…

De Prague à Strasbourg : A nous l’Alsace, ses coteaux, ses taons et son Crémant

Le réveil après cette nuit de fiesta est un brin difficile et nous nous extirpons laborieusement de la tente à 5h30. Les Gros sont en forme, eux, malgré toute l’ambiance nocturne, et comme il fait déjà bien tiédasse nous nous hâtons autant que faire se peut et parvenons à partir vers 7h30.
La chaleur est déjà là et c’est une grosse journée peu marrante qui nous attend, puisqu’en effet nous devons profiter de ce dimanche, jour de moindre circulation, afin de franchir le Rhin. Pour ce faire nous devons traverser la plaine qui s’étend devant nous, crapahuter par-dessus les collines couvertes de vignobles, dégringoler de l’autre côté afin de parcourir la plaine qui s’étend jusqu’au fleuve. Fastoche : ce sera plat, couvert de maïs, de taons et on rôtira au soleil !
Mais pas le choix, si on veut aller en Alsace c’est par là tout droit. Afin de ne pas épuiser les chevaux dans les chemins agricoles, qui serpentent au travers des champs de maïs, nous optons pour la ligne droite de la nationale en empruntant la piste cyclable.
De bon matin nous découvrons nos premières maisons à colombages et apercevons posées dans des champs à picorer telles des poules géantes, nos premières cigognes : tiens ça sent l’Alsace tout ça !
La chaleur est suffocante, par chance nous trouvons régulièrement des fontaines afin d’abreuver nos courageuses montures, qui faisant fi des taons et du soleil, avancent imperturbablement. Pégous en tête de notre petite troupe, le regard vissé sur la lointaine ligne bleue des Vosges, nous entraine à un rythme tranquille et assuré jusqu’en France. Sans aucune sollicitation il enclenche le mode « marche active on » et sans plus se poser de question il nous emmènera le long des nationales et des pistes cyclables, nous fera traverser villages, champs de maïs bourdonnant de taons tout aussi transgéniques que les plantes qui les abritent, et enfin les ponts du Rhin où par chance il y a peu de circulation. Sincèrement ce passage du Rhin n’est pas un bon souvenir, rien n’est aménagé pour les cyclistes et autres usagers, et c’est plus que limite sécuritaire… Heureusement nos Gros avancent paisiblement, et si je crains quelque chose ce n’est pas de leur part, mais bien de celle des automobilistes parfois complétements inconscients… Danielle Weill qui nous a copieusement aidés pour notre tracé en Alsace, nous a conseillé de passer le Rhin à Marckolsheim car ce n’est certes pas l’idéal mais le moins pire.
Enfin tout ce passe néanmoins à merveille, et les jours suivants tirés par le tracé touristique de Danielle, nous traverserons une partie de la plaine d’Alsace, au milieu de stupéfiants villages si colorés et fleuris. Nous passerons au pied du château du Haut Koenigsbourg dont la silhouette rose se découpe, miroitante dans l’air brûlant. Nous traversons les vignobles tout tirés au cordeau et tous si uniformément et méticuleusement taillés, empruntant un instant le chemin de Compostelle, certes à l’envers. L’itinéraire prévu par Danielle est épatant, il prévoit même quelques passages avec un zest de dextérité afin de ne pas sombrer dans l’ennui. Nous traversons quantité de ces villages et bien que je prie afin que les Gros ne larguent pas de popo, plof au beau milieu de la route, je me régale à contempler toutes ces maisons resplendissantes. Comme en Allemagne, nous trouvons partout des fontaines où les Gros peuvent s’abreuver, et où nous pouvons les mouiller. Malgré la canicule (il fait plus de 36°) nous nous régalons de ces paysages doucement vallonnés et de ces chemins qui serpentent entre les vignobles.
Mais tout à une fin, nos 6 semaines d’aventure s’achèvent à présent, Bibi qui a vécu quelques temps au centre équestre de Wangen, la Ferme Kleinerlen, reconnait le chemin et dresse les oreilles, il n’y a pas de doute nous sommes arrivés…

De Prague à Strasbourg : Ultime nuit en Deutschland ou un samedi soir en Allemagne…

En effet pour notre dernière nuit en Allemagne nous voici plutôt gâtés : ombre rafraichissante et si bienvenue après cette journée cuisante, douche plus que bienfaisante pour toute la petite troupe, accueil magnifiquement amical par toute la famille de l’exploitation agricole, en un mot : c’est top.
Ereintés après cette longue journée caniculaire et épuisante avec ces forts dénivelés, nous nous endormons tous rapidement, y compris les Gros qui ont pris l’habitude de se coucher le plus près possible de la tente et de vivre au même rythme que nous, ou bien est-ce nous qui vivons au leur ? En tout cas, peu importe, les voici endormis comme des petits chats et s’ils le pouvaient ils se blottiraient en boule dans les duvets avec nous ! Heureusement que la tente est trop p’tite pour ça !
Afin de comprendre la suite de l’histoire je dois vous préciser que nous sommes à Denzlingen, petite ville tout à côté de Freiburg qu’il nous faut contourner. Ainsi nous abordons une partie plutôt urbanisée, et l’exploitation où nous nous trouvons est un véritable havre de paix au milieu des voies ferrés, des autoroutes et autres voies rapides et de tout un tas de cités de banlieue. Une charmante petite route gentiment parcourue par des cyclistes, traverse la propriété mais sur le moment nous n’y accordons pas plus d’importance. Lorsque tout soudain vers 22 ou 23 h nous sommes réveillés en sursaut pas une musique démente qui transperce et déchire le calme de la nuit, on se croit tout à coup plongés au cœur d’une nuit à Ibiza, bruit à crever les tympans et lumières stroboscopiques, tout y est !
Nous jaillissons hors de la tente, hébétés, pour voir passer une petite troupe de jeunes en vélo, trainant une remorque avec sono et gyrophare… La jeunesse Allemande partant faire la fête certainement ! C’est juste ahurissant et carrément dingue, ce que semble penser les Gros qui tirés de leur sommeil tout aussi brutalement que nous, galopent comme des tarés sous les arbres. Nous parvenons par miracle à les calmer et à ce qu’ils ne pètent pas leur clôture. Ouf tout rentre dans l’ordre et nous retournons tous à notre sommeil que nous espérons réparateur…
2h du mat’, bis repetita, nos jeunes repassent : bin quoi faut bien qu’ils rentrent chez eux… Même boucan avec musique de discothèque et lumières démentes ! Cette fois les chevaux restent impassibles et contemplent cette nouvelle stupide apparition avec tout le mépris qu’elle mérite, et seuls, nous autres humains sommes bêtement surpris. Patrice qui par chance maitrise toutes les subtilités de la langue de Goethe, peut se défouler en engueulant copieusement les vélocipédistes mais ma fois notre nuit est bel et bien gâchée sachant qu’il nous faudra lever le camp de bonne heure puisque la météo prévoit plus de 38° pour la journée à venir, mieux vaudrait donc décoller à la fraiche ou pseudo fraiche.
En tout cas nous nous souviendrons de notre dernière nuit allemande ! Ouh là là…

De Prague à Strasbourg : Schwarzwald

Où le Schwarzwald concurrence la Slovénie en matière de paysages et de dénivelés !

Le soleil tremblote à l’horizon et déjà nous émergeons de nos duvets, aujourd’hui l’étape risque d’être rude avec de gros dénivelés et une forte chaleur.
Nous expédions le p’tit dej’ et sellons rapidement les Gros dans la carrière, ce qui nous permet d’avoir les pieds préservés de la rosée matinale.
A 7h30 nous voici sur les chemins descendant par une gorge encore toute ombragée de nuit.
Dans une pâture pour dahus quelques bb hafli’ dégringolent nous voir, mais qu’ils sont laids ces machins-là et semblent fragiles, en comparaison de notre Tracteur des Alpes, modèle Fermier Originel certifié !
Après cette looongue descente nous ahanons dans des montées qui nous conduisent à des sommets où s’offrent des paysages si beaux qu’on se croit tout soudain de retour là-bas en Slovénie. Les mêmes prairies verdoyantes, les mêmes forêts touffues et… Les mêmes chemins épuisants, il faut bien le dire aussi !
Par chance nous sommes tous dotés de gros et forts mollets idéalement adaptés ! Les chevaux ayant eux-aussi parcourus les sentes Slovènes ne se laissent pas abattre, malgré la chaleur qui nous fait ruisseler.
Encore une descente et au loin après la vallée, se profile une plaine, d’autres montagnes qui se découpent dans le ciel surchauffé : les Vosges mais oui !
En attendant nous dégringolons de nos alpages afin de gagner cette plaine qui nous présente un visage tout méditerranéen, avec ces vignes en coteaux, ses vergers de pommiers et ses platanes au long des routes.
Ce soir-là nous trouvons un agréable hébergement dans une exploitation agricole qui fait dans les fruits bio. Chouette nous voici tous logés à l’ombre bienfaisante d’immenses cerisiers, sous lesquels les chevaux trouvent une herbe plus qu’abondante et nutritive. Une bonne douche pour tout le monde et au dodo pour une nuit la pire de notre périple….

De Prague à Strasbourg : Entrée dans le Schwarzwald

Nous voici levés à 6h après une nuit bien reposante et sans orage terrifiant cette fois.
Le temps est magnifique et nous plions rapidement le camp, tout excités à l’idée de découvrir enfin, la Forêt Noire. Pour l’instant nous connaissons et apprécions ô combien la Forêt Noire en gâteau, mais qu’en sera-t-il de la région ?!
Nous traversons une nationale peu fréquentée ce matin et ça y est nous entrons de pleins sabots dans une immense forêt, qui nous conduit par un chemin rectiligne de plus de 8 kms jusqu’aux premières montagnes.
Nous sommes soufflés : mais que c’est beau Mama ! Sans doute les plus beaux paysages que nous ayons contemplés jusqu’à présent. Les montagnes sont couvertes de prairies, de forêts et de chalets, tout ça verdoyant sous un soleil radieux : top.
On grimpe jusqu’à plus de 1000m et plus de taons, tout est tout simplement parfait. L’après-midi aura un tracé tout aussi somptueux et fatiguant à cause des dénivelés importants mais nous profiterons de l’ombre des sous-bois : organisation idéale !
Enfin vers 16h nous trouvons à nous héberger dans les pâtures d’un petit centre équestre/auberge/prom’prom’ à dos d’hafli’.
Les Gros profiteront d’une prairie encore ô combien roborative avec une vue incroyable tandis que nous autres, pauvres voyageurs, nous serons contraints de nous traîner à l’auberge afin de goûter quelques spécialités locales. Pfufff trop rude la vie de voyageurs…

De Prague à Strasbourg : Et là on est où ? Bin dans le Bade-Wurtemberg pourquoi !

Levés à 6h nous décollons à 8 par une belle matinée pas trop chaude, bien qu’hélas des nuées de moucherons nous piquent, nous mordent et nous zonzonnent de partout. Heureusement j’avais prévu les bonnets (tellement esthétique n’est-il pas ?!) pour les chevaux et c’est avec tranquillité malgré les masses bourdonnantes, qu’ils entament leur journée.
Ca grimpe tout de suite beaucoup, ce qui nous permet d’avoir une vue somptueuse.
Le tracé est très sympatoche, nous faisant emprunter des chemins tout tranquilles qui nous promènent doucement le long, puis nous descendons vers la plaine et la petite ville de Döggingen. A midi, étouffés de chaleur nous trouvons miraculeusement une place pour toute la family, à la terrasse d’une gasthaus (auberge). Les Gros, eux, sommeillent paisiblement à l’ombre tandis qu’on engloutit 1 litre d’apfelschorle chacun !

Nous reprenons la route dans une superbe forêt, étrangement décorée : sur plusieurs kms le chemin est en effet « orné » par de bizarres œuvres « d’art »… Un psychopathe forestier traîne-t-il dans les parages ?!
Enfin nous laissons là, ces délires et parvenons au petit village d’Unterbränd situé juste à côté du lac de Kirnbergsee. Il y a là une jolie église…… Et surtout … Un camping !
Aussitôt nous nous y rendons et demandons si… Et bin no soucy Nous voici installés comme des rois, si bien que nous décidons sur le champ de rester là pour un jour de repos. Les chevaux sont logés impec’ dans un très vaste paddock débordant d’herbe, amplement suffisant pour 1 journée et 2 nuits, même pour nos ventres à pattes…
Cette nuit-là nous essuierons un orage « fin du monde » avec vent de tempête, pluie torrentielle, tonnerre et foudre à rester pétrifiés dans son duvet. Nous sortons vivants de cette nuit, les chevaux broutent comme si de rien n’était et nous considèrent d’un œil goguenard : té les humains !
Par contre les autres campeurs n’ont pas été aussi chanceux que nous qui n’avons pas un poil de mouillé, si je peux dire : partout les gens sortent duvets, matelas, vêtements et étendent tout ça un peu partout, le camping prenant un vague air de camp de réfugiés. Moralité : avoir du bon matos et bé ça aide dans la vie !
Le soleil est revenu, et le lac est paisible. Ce lac est un lac artificiel, il est néanmoins un lieu de protection des oiseaux et le lac le plus « chaud » d’Allemagne… parait-il ! Et qui dit chaud dit… Baignade ! Yesss nous l’aurons enfin eut notre plouf plouf dans un lac.
Bref une journée de repos idéal où nous profitons des installations pratiques du camping pour nous laver/récurer de fond en comble, laver nos vêtements, nettoyer le matos… etc Tandis que les Gros roupillent peu au fait de toute cette humaine agitation. Elle n’est pas belle la vie ?

De Prague à Strasbourg : Le Bade-Wurtemberg encore et toujours !

Après nous être copieusement restaurés dans cette petite auberge installée là, afin de satisfaire l’appétit de tous ces randonneurs, nous repartons mollement, il fait chaud, faut-il dire…
Comme il se doit on ne peut pas courir que par des chemins semés de fleurettes, nous longeons pendant quelques minutes une nationale où les chauffeurs routiers nous saluent avec enthousiasme. Et puis cela nous permet de confirmer notre route : c’est bon, Freiburg c’est par là tout droit.
Puis nous quittons toute cette agitation pour un peu plus de calme, et dans un début de moutonnement de collines, nous trouverons un coin d’herbe où poser notre caravansérail. Nous nous sommes adressés à une sorte de ranch bizarrement décoré comme un ranch américain, nous ne serons pas surpris de voir qu’on ne pratique là que la monte western !
Le proprio’ (Canadien d’origine allemande ou allemand né au Canada je n’ai pas bien saisi) nous installera dans une prairie bien verdoyante, avant de revenir une fois le paddock monté afin qu’on fasse plus petit, ce que nous refusons avec le sourire en lui expliquant que plus c’est grand moins les chevaux abiment, ce qui est vrai.
Il nous fera payer 20€ pour la location dont nous nous acquitterons en souriant toujours, mais avec toutefois un hoquet de surprise : ce sera la 1ière (et la dernière) fois qu’on nous réclamera de l’argent. Ahhh là là ces Canadiens, ils ne perdent pas l’Nord !
Puis notre campement dûment installé nous allons faire trempette dans le Danube

De Prague à Strasbourg : Le Bade-Wurtemberg suite

Après il faut bien l’avouer une nuit fort peu reposante dans ces lits trop confortables nous avons tous regretté notre tente qui au fil des jours est devenue notre petit « chez nous » et nos simple vet bed sur lesquels nous dormons, de luxueux matelas nous partons tous propres comme des sous neuf, pantalons, tapis de selle, nous sentons la lessive à 10 pas … Quel changement !
Le temps est beau, pas encore étouffant et le tracé est sympatoche entre petits villages, forêts et champs couverts de blé en pleine moisson. Ce soir notre hébergement a été organisé par Matthias, c’est donc tout facilement que nous arrivons comme des fleurs dans une pension pour chevaux. Nous serons tous confortablement logés dans un vaste paddock avec pommiers croulants de fruits dont les Gros vont se régaler.
Après une nuit magnifiquement confortable, nous partons pour un joli tracé qui va nous amener vers le Danube qui n’est encore qu’une petite rivière. Nous voici abordant le tracé qui longera fluidement ce bb Danube que nous traverserons plusieurs fois, sur des ponts assez sympatoches, en particulier, comme ce pont couvert qui immédiatement nous emmène dans un rêve d’Ouest américain et pourquoi pas vers cette Route de Madison…

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