Levé 6h après une excellente nuit sous notre tipi en parfaite adéquation avec le thème local. Mouarf mouarf….  A 9h nous voici partis sous une chaleur revenue. Un jour de repos et mon Pégous ressemble à un zeppelin. C’est dramatique d’autant profiter du moindre nutriment, franchement !

Nous avançons en suivant un tracé vélo sympa mais nous plaignons néanmoins bien les pauvres cyclistes qui s’y engagent, car purée ça monte. Puis subitement il fait froid, genre ça tombe à 10/12°c pourtant nous ne nous plaignons pas puisqu’à présent nous sommes devenus des adeptes inconditionnels du froid. Le tracé est vraiment joli. La pluie menace sur la route menant à la frontière Tchèque. Et nous voici à la frontière, où nous apprécions une fois encore l’extrême facilité que c’est de vivre sans réelles frontières : vive Schengen !

Nous abordons dès le côté Tchèque le coin huppé des Krkonoše, et cela se voit immédiatement : chalets et pensions tout tirés à 4 épingles. Nous avançons sous l’orage qui se décide à éclater pile en haut du col, histoire qu’on puisse espérer se faire foudroyer ! Quelle « bonne idée » pile poil lorsqu’on est au sommet bien exposé. On se ramasse une vraie bonne pluie, une drache comme dirait si bien Joe… Mais finalement l’orage s’éloigne lorsqu’on descend vers la vallée, et miracle ou chance la foudre nous a même ratés, ouf.

Il pleuviote à peine lorsque nous parvenons à Velká úpa. Il est 14h lorsque nous décidons de trouver un endroit où nous poser. Nous avons bien crapahuté depuis le matin, fait beaucoup de dénivelés on peut donc s’arrêter pour aujourd’hui.

Nous cherchons sereinement un coin où bivouaquer et vu l’herbe alentour cela devrait se faire aisément. Patrice part en quête porteur des espoirs des Gros. Les Gros sont déjà en mode fin de journée, mais nous allons bien les décevoir les pauvres, et nous aussi par la même occase, car pas moyen de trouver 1 cm2 dispo’ pour nous dans tout le village ! Bah non les gens sont habitués aux touristes, notre aventure ne les intéresse en rien même pas lorsqu’on leur dit qu’on tient à payer… Les gens sont de surcroît, terriblement agressifs et sur la minuscule route qui nous permet de sortir du village, un vieux au volant d’une grosse cylindrée écrase quasiment Astor afin de forcer le passage ! Patrice le calme recta’ en lui foutant des coups de pieds dans sa bagnole et moi en l’engueulant en français. Ah la tête du gars ahahah

Bref on rigole bien mais on est néanmoins bien dégouté. Nous voici contraints de repartir dans la montagne sachant parfaitement qu’il sera difficile de trouver d’autres endroits herbeux, puisque là où il y a la montagne elle n’est couverte que de forêts sans fin, surtout qu’en étant en plein dans le Krkonošský národní park nous risquons même de ne pas avoir le droit de bivouaquer… Nous grimpons, grimpons et finalement 10 km plus tard nous parvenons au sommet du Lučinách à plus de 1000m. Le vent est glacial. A la première auberge nous nous faisons clairement refouler : ici c’est LE parc il est interdit de camper. Okkkkk

Sans nous en faire nous tentons notre chance plus loin et là MIRACLE ! Nous tombons sur une famille qui tient une auberge sans prétention et qui nous accueille les bras ouverts. Woua ça fait plaisir un zest de chaleur humaine, tiens ! Nous plantons le tipi juste à côté de l’auberge Krakonoš. Les Gros eux, bénéficieront d’une herbe bien haute sous le remonte pente. Après cette grosse et rude journée nous récompensons largement le courage des poilus avec une bonne dose de grains. Quant à nous nous aurons droit à la meilleure douche de notre vie, suivie par un repas pantagruélique et délicieux, avec en dessert les incontournables palačinka aux myrtilles. Il fait froid, on est cuit, aussi nous nous glissons avec satisfaction dans nos duvets, heureux d’un repos fort bien mérité. Pfuff quelle journée !

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